Seilh à travers l'histoire

Ce texte (le premier d'une longue série) a été écrit par un habitant de Seilh qui souhaite rester discret, et que j'ai le plaisir de connaître.

N'hésitez pas à ouvrir les liens hypertexte pour approfondir certains aspects de ce texte, qui est, vous le verrez, très riche.

Les enfants du primaire apprennent la préhistoire et le moyen-âge; avec de tels textes, il est possible de leur dire "à cette époque, à Seilh, voilà ce qui se passait"...

Un grand merci à ce contributeur de nous partager tout ceci !

 

 

~ SEILH ~

MON VILLAGE – SON HISTOIRE

 

La préhistoire :

L’origine de Seilh est relativement ancienne puisque le 1er habitat connu date de 3 500 ans avant JC. En effet on relève une occupation néolithique (période Chasséenne) le long de la falaise de Percin au sud de la commune.

En 1946, est mis au jour un vaste gisement de 15 ha qui donne lieu à 3 campagnes de fouilles dont la dernière est très récente puisque elle date de la construction de la station de traitement des eaux usées dans les années 2 000. Le site a livré plus de 3 000 pièces remarquables : galets, céramiques, outils.

L’époque gallo-romaine :

Plus près du centre-ville actuel, on relève une occupation gallo-romaine datant du début de l’ère chrétienne dans le quartier actuel d’Espitalis près du cimetière et à proximité du château de Rochemontès. Il n’y a pas eu de fouilles mais le site a livré quelques objets, pans de murs, morceaux de mosaïques ou tessons de poteries.

D’ailleurs, Seilh tire son nom du latin « Silva », la forêt. On présume que le site était très boisé. Hélas, en dehors des deux bois de la vieille côte entourant la route départementale n°2 et le secteur des Ramiers, il ne reste que peu d’espace forestier.

Le moyen-âge :

En 680, le noble Nizérius et son épouse Ermentrade vendent Seilh à l’abbaye de Moissac. Au XVIIIème siècle subsistaient encore des ruines datant du moyen-âge dans le secteur de la plaine (entre le centre-ville et Rochemontès), vestiges de deux châteaux : Hospitalis qui a donné son nom au quartier d’Espitalis et Bramonsan ainsi que de deux églises.

Seilh est dès cette époque divisée en deux parties : le hameau de Seilh (centre-ville actuel) et le hameau des Tricheries, qui doit son nom à un tripot où se réunissaient des joueurs, sûrement indélicats pour certains, près d’un port situé à l’orée de la Garonne (lieu-dit Percin).

Les habitants ont jusqu’à une époque récente marqué leur différence : on était de Seilh ou des Tricheries et les conflits étaient nombreux, émaillés d’ailleurs par de nombreux procès au XIXème siècle.

Seilh a appartenu à plusieurs seigneurs : Etienne de Nogaret jusqu’en 1447 qui a fait don de son domaine de La Tricherie à Pierre Guizot, notaire royal. Une partie de ce bien appartient à Pierre de Boisson, seigneur de Beauteville qui en 1509 a fait lui-même don de ce fief à l’hôpital de Toulouse qui en contre partie s’engage à soigner gratuitement tout habitant de Seilh dans l’avenir. Ce privilège n’est pas aboli lors de la révolution mais hélas, cet usage s’est perdu aujourd’hui. Heureusement la sécurité sociale et les mutuelles ont pris le relais.

L’ancien régime :

Seilh compte alors deux châteaux dirigés par deux seigneurs. Celui du Percin dont un des ancêtres, d’origine normande, aurait été un compagnon de Guillaume le conquérant. Le château est flanqué de deux tours de style Byzantin uniques dans la Région et abrite aujourd’hui l’école de l’Annonciation dirigée par les sœurs dominicaines. En 1884, le château était dans un état de délabrement avancé mais il a été sauvé de la ruine dès 1953 quand les sœurs s’y sont installées. L’autre seigneur de Seilh est celui de Rochemontès représenté par la famille de Roaldès du Bourg dont un des représentants, Mathias du Bourg, conseiller au Parlement de Toulouse a été guillotiné sous la révolution le 14 juillet 1794 à Paris. Le château est de style Louis XIII en dehors de la façade occidentale de style Louis XIV. Le parc est bordé par une magnifique orangerie de 300 m datant du XVIII siècle (elle est louée toute l’année aux particuliers pour des mariages par exemple ou les entreprises. Des concerts sont également organisés régulièrement). Le château est encore à ce jour occupé par la famille de Roaldès du Bourg qui le loue ponctuellement pour des productions cinématographiques (téléfilm « Garonne » tourné en 2002 notamment).

Si les conflits ont été nombreux entre Seilh et les Tricheries, il en est de même entre Gagnac et Seilh : une série de procès oppose les protagonistes entre le 23 juin 1619 et le 28 août 1833 sur la propriété d’îles ou terrains d’alluvions dans le secteur des Ramiers. C’est Gagnac qui va emporter définitivement l’affaire devant les tribunaux.

Il est à noter que tout un réseau de souterrains reliait plusieurs bâtiments de Seilh. Il est possible qu’il date de la période des guerres de religions, permettant ainsi d’échapper à d’éventuels assaillants. Quelques-uns existent encore mais les entrées ont été obstruées pour éviter tout risque d’effondrement : domaine du Prieur dans le quartier du Moulin, près de la falaise du Plan du Port au Tricheries, dans une ferme de l’allée d’Espitalis.

En février 1790 est désigné le premier maire officiel de la commune, Jean Lanaspe, Seilh compte alors environ 230 habitants.

Le XIX Siècle, jusqu’à nos jours :

En avril 1814, Seilh et notamment le château de Rochemontès sont occupés par les troupes anglaises du Général Wellington futur vainqueur de Napoléon à Waterloo. Il bâtit un pont sur la Garonne au lieu-dit la Cacho qui sera détruit par les troupes du Maréchal Soult. Défaite de courte durée puisque Wellington va battre le maréchal lors de la célèbre bataille de Toulouse.

Le 8 novembre 1846, le conseil municipal décide enfin de bâtir un solide pont pour franchir le pont de l’Aussonnelle, rivière qui coupe en deux la commune et qui se jette dans la Garonne dans le secteur des Ramiers.

Le 3 juin 1849, le premier instituteur public est nommé, il s’agit de Jean Caussou. L’école publique d’abord réservée aux garçons se trouve près de la Mairie et son bâtiment sera occupé jusqu’en 2008, date de la création d’un groupe scolaire maternelle et primaire près des installations sportives au nord de la commune. Il existe aussi, dans la seconde partie du XIXème siècle, une école de fille dans la salle aujourd’hui dénommée salle de l’Amitié toujours au centre du village.

L’église la plus ancienne connue était située au centre du cimetière. Il s’agissait d’une modeste chapelle détruite dans les années 1980. Elle était désaffectée et dans un état de délabrement avancé. Elle avait été remplacée en 1877, par l’église Sainte-Blandine dont la construction avait été entreprise en 1863, une partie des fonds ayant été fournie par une souscription auprès des habitants de la commune et par un don du baron Philippe du Bourg.

Blandine

Une représentation du martyre de Sainte Blandine

Trois anecdotes dont une tristement célèbre viennent émailler l’histoire de l’église :

  • Au début du XXème siècle, le jeune curé d’alors et sa maîtresse, une jeune fille du village vont mettre fin à leurs jours dans le clocher de l’église créant un véritable scandale en cette période d’anticléricalisme.
  • Tous les ans, le prêtre organise le jour de la Sainte-Blandine, patronne de la paroisse, une procession dans les rues de la commune. Paraît-il que la seule année où elle n’aura pas lieu, des intempéries d’une rare violence vont s’abattre sur les moissons.
  • Enfin, un ancien curé de Seilh en 1927, le curé Lambert, va être nommé au diocèse d’Oran en Algérie française au début des années 30. Son parcours sera atypique puisque il deviendra successivement sourcier, Maire d’Oran (2ème ville d’Algérie), militaire pendant la guerre et titulaire de la médaille militaire, député proche de l’extrême droite. Marié en 1941, il finira ses jours à Antibes en 1979.

Aujourd’hui Seilh, comporte environ 3 200 habitants. Il n’y en avait encore que 450 il y a 50 ans. Avec son golf, sa zone verte le long de l’Aussonnelle et ses Ramiers de Garonne, son environnement a été particulièrement préservé en faisant ainsi une commune reconnue pour son cadre de vie au sein de la métropole toulousaine.

 

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