Prenons du recul. Tokyo

Tokyo.

La capitale de l'Est.

Un petit voyage qui m'a permis de ressentir mon premier tremblement de terre (pas grand chose, une petite secousse de cinq secondes, absorbée en douceur par le bâtiment où je me trouvais), mais ça montre que notre Terre est bien vivante.

Le Japon c'est un voyage à faire, vraiment, pour beaucoup de raisons, mais peut être surtout parce que c'est un puits sans fin de curiosités culturelles à découvrir.

Tout d'abord, la langue. Le japonais, c'est une langue parlée que l'on peut parler et comprendre assez facilement, tout au moins se faire comprendre que ce soit dans la rue, au restaurant ou dans le métro. Elle n'utilise que des syllabes qui existent déjà dans la langue française. Les japonais sont très accueillants et ce de manière positive avec les étrangers. Ils ne vous laissent pas perdus dans le métro, et vous accompagnent s'il le faut jusqu'à votre destination. Il faut quelques mots de politesse, mais les bons... Remplacez Sayonara (Adieu) par "Otsukaresama" (A plus), vous aurez droit à un sourire en retour genre "tiens il s'intéresse!".

L'ecriture du japonais, c'est une autre chose. On peut écrire facilement les kanas (hiraganas, katakanas), et les lire, ce qui permet de comprendre une carte de restaurant. Les kanas sont des idéogrammes chinois, qui ont été utilisés non pour leur signification, mais pour leur valeur phonétique. Ils ont ensuite été simplifiés par l'écriture cursive, pour connaître leur forme actuelle.

Les kanjis, c'est un autre niveau. La langue en contiendrait 50 000, 2000 d'utilisation courante, 800 appris en école primaire. Les kanjis sont des idéogrammes. Les japonais ont découvert l'écriture grâce aux chinois, et ont adapté l'écriture à leur langue parlée. Ce qui n'est pas du tout pratique... mais alors... pas du tout. Mais les japonais tiennent à ce système d'écriture, ils ont raison parce que c'est une variété culturelle de plus dans ce monde. Ils auraient connu Rome avant Pékin, tout aurait été différent. Mais le fait est qu'ils utilisent les idéogrammes pour leur valeur phonétique ou pour leur sens, avec à chaque fois une lecture possible chinoise et une lecture japonaise.

Apprendre les kanjis est un bon passe temps pour exercer sa mémoire. Ils ont aussi un intérêt pour l'apprentissage de l'écriture. Un kanji s'écrit d'une certaine manière; l'ordre des traits est important, la manière dont les traits ou points sont attaqués ou fondus est importante, la procédure d'écriture donne à la fois une lisibilité et une beauté aux caractères, richesse qui se perd dès lors que l'on utilise l'imprimerie ou l'informatique pour écrire.

Mais... quelques choses vues au Japon :

1- le modernisme. Voyager dans de grandes villes est toujours intéressant, mais Tokyo c'est le summum du modernisme. Tout est pratique. Pour passer au self pour le déjeuner, on ne passe même pas par une caissière. Les assiettes ont des puces RFID, le prix est calculé automatiquement, et on paie sans contact. Puis on remplit son bol de soupe miso à la machine à soupe. Au métro, les machines acceptent toutes sortes de monnaies: cartes, pièces, billets, etc. Les toilettes sont toutes équipées de douchettes. Les miroirs sont chauffés, donc même quand la salle de bain est embuée, on peut se raser. Il y a des distributeurs de tout (et quand j'écris "tout", malheureusement, c'est "tout" je n'irai pas dans trop de détails). On trouve des canettes de café chaud dans les supérettes.

2-quartiers. Higashi-Ginza c'est le quartier chic, très vivant, avec de grandes enseignes de luxe. On a au Nord le quartier de Asakusa avec son sanctuaire. Pour les passionnés de mangas, c'est Akihabara, un peu spécial, mais vaut une visite.

3-restaurants. On mange bien, pour tous les prix, la nourriture est variée, saine, savoureuse, fine, originale. Les restaurants sont variés dans la nourriture qu'ils proposent mais aussi dans le mode de consommation (en tailleur, assis devant le cuisinier, assis avec une couverture sur les genoux, assis autour d'un réchaud, etc). On prend le temps de manger, ce qui, sans manger beaucoup, permet d'être repu.

4-organisation. Dans le métro, il y a de multiples affiches rappelant les consignes de sécurité: ne pas parler, ne pas téléphoner, marcher en serrant à gauche. Dans les escalators, tout le monde se range d'un même côté, pour laisser la place à ceux qui veulent monter les marches 4 à 4. Le métro voit passer des millions de personnes chaque jour, ce qui implique une ponctualité sans faille, une précision au centimètre de l'arrêt des trains, et des flux de personnes qui circulent sans entrave.

5-joie de vivre. Le soir dans les restaurants, on croise de nombreux groupes de salariés en costume-cravatte, sortant de repas semble-t'il bien arrosés. Le saké est versé dans un verre placé dans une coupelle. On remplit le verre à ras bord, et on continue de remplir le verre pour remplir la coupelle à ras-bord. Il y a le sérieux, et une dévotion au travail, c'est une société ou le collectif est toujours plus important que l'individu, mais on sent une envie de vivre, et une atmosphère parfois très détendue.

6-Les sanctuaires. Des sanctuaires, je retiendrais surtout le Meiji-Shrine. On y entre par des portes monumentales en bois. Le sanctuaire est un vaste parc arboré, parsemé de bâtiments d'architecure classique, dédié à la mémoire de l'Empereur Meiji. Un des monuments est très intéressant à observer pour un touriste français, et résume très bien ce qui fait toute la force du Japon. Ce sont des fûts de saké offerts par les fabricants du pays au sanctuaire, en face desquels on trouve des fûts de vins de Bourgogne donnés par des viticulteurs français, chacun portant une plaque donnant le nom du donateur. Ce monument symbolise l'ouverture du Japon au monde occidental et l'attachement à la culture locale.  Beau message en simplicité.

7-la propreté. Diffile de trouver un mégot par terre, ou un chewing gum. On ne jette rien; on garde sur soi, dans une pochette plastique. Alors quand au retour on fait escale à Paris Charles de Gaulle et qu'on voit que la proprété des toilettes laisse à désirer, quand on voit des gens jeter un mégot, parfois encore allumé, par terre, on se dit qu'on a encore du chemin à parcourir...

... Ce n'est qu'un récit de ce qui m'a marqué personnellement. J'avais lu "Stupeur et Tremblements" d'Amélie Nothomb, très bon livre. Mais parfois, il vaut mieux aller voir par soi-même, qui sait, on peut avoir une vision plus positive qu'à écouter certains écrivains ou journalistes.

 

 

 

 

 

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